Tous les textes du philosophe Daniel Bensaïd.

Daniel Bensaïd

novembre 1999

Mythologies du capitalisme ventriloque

Le Capital, on le sait depuis Marx, est un fétiche automate. Il est aussi ventriloque. Dans les crises, la scission qui le hante, sa double vie, son dédoublement généralisé (entre valeur d’échange et d’usage, travail concret et travail abstrait, production et circulation), « devient folie ». Alors, « l’argent crie son désir d’un domaine où il puisse être valorisé en tant que capital [1] ». Le vice-consul de Duras (superbe Michel Lonsdale) hurlant son amour pour Anne-Marie Stretter dans les jardins du consulat représente depuis longtemps pour moi cette image convulsive du désir et du manque.

Mais le capital ne se contente pas de crier, dans les moments paroxystiques de la crise où il cherche à rétablir son identité brisée. Il parle aussi, au quotidien, un langage tellement familier qu’on en oublie l’auteur.

Les vertus cardinales de l’air du temps sont la vitesse (le mouvement, le bouger, l’éphémère, l’urgent, l’instantané, le quick, le fast) et la mobilité dans l’espace (le portable, le nomade, le mobile, le global, le réseau). Ce double impératif d’accélération et de mobilité est, dans une large mesure, la conséquence vécue de la logique intime du capital : de la reproduction élargie et de la rotation accélérée censées conjurer l’arythmie qui le mine.

La mondialisation marchande élargit son domaine spatial, dévore les territoires, fait marchandise de tout, réalise à sa manière une universalité abstraite, inégalitaire, mutilée. Son discours est, dans une large mesure, un détournement/récupération de l’aspiration internationaliste à une émancipation universelle, sous la forme d’une ingérence humanitaire et militaire « sans frontières [2] ».

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Sébastien Marchal

De même, la course effrénée au « zéro stock », les fusions/concentrations dans le crédit et la distribution, l’inflation de la publicité, visent à compenser la hausse vertigineuse de la composition organique du capital par une multiplication accélérée des cycles de ses métamorphoses (argent-marchandise-argent).

Ces tendances étaient déjà à l’œuvre il y a plus d’un siècle. Elles prennent sous nos yeux une tout autre ampleur. Avec, ce qui est plus nouveau, une tendance du capital ventriloque, à parler sans détour, ouvertement, avec son cœur en quelque sorte. Que ce soit dans les récentes campagnes publicitaires à propos des fusions BNP/Paribas ou Total/Elf, ou pour justifier les licenciements massifs chez Michelin, « la création de valeur » est devenue un impératif catégorique et un slogan (destiné en réalité aux actionnaires). À la veille du vote fatidique dans la guerre des banques, la BNP s’affichait en double page dans la presse : « Aujourd’hui, c’est BNP qui crée de la valeur. Demain, c’est SBP qui créera de la valeur. » Même leitmotiv chez Elf et Total.

Ah ! Ce mystère de la Création (de la valeur) et de la multiplication des pains (des dividendes) ! Ce mystère de l’auto-engendrement du capital ! Ce miracle quotidien de la Bourse par lequel une croissance de 3 % peut donner une plus-value de 15 %, 50 %, 100 % par an [3] !

Le mystère de ce monde enchanté a été élucidé. L’illusion selon laquelle l’argent s’auto-engrosse et fait de l’argent est celle du rentier, du spéculateur, du boursicoteur (et de leurs gogos). Le court-circuit de cet accroissement A-A’ occulte le détour par le cycle complet du capital : la métamorphose de l’argent en salaires et moyens de production, puis en marchandise qui doit être écoulée pour retrouver la forme argent. En clair, le miracle quotidien des plus-values boursières et des taux d’intérêts escamote le moment crucial de la production, où la plus-value se crée dans les sous-sols infernaux du marché : pour servir 15 % d’intérêts sur la base d’une croissance de 3 %, il faut accroître la productivité du travail et intensifier son exploitation. Il n’y a pas de miracle de l’immaculée conception du capital par lui-même mais production, transfert et appropriation de plus-value.

C’est toujours de là que doit partir l’enquête. Un crime originel a été commis. Les tueurs (les social-killers) sont dans la ville. Il y en a de toutes sortes : du vulgaire voyou au « raider tranquille », en passant par le parrain patronal.

On a donc volé la plus-value. Comme la valise à billets dans les films policiers (le roman policier est logiquement contemporain du capital), le larcin passe de main en main, se métamorphose, se partage, se distribue, se ramifie, au point que la plus-value transfigurée devient « méconnaissable » (dit encore Marx), qu’on en oublie l’origine et qu’on en perd la trace.

Un terme nouveau a fait son apparition à propos du contrôle de qualité des produits alimentaires : la « traçabilité ». Suggestion tout à fait sérieuse : pourquoi ne pas présenter une loi sur la traçabilité de la plus-value et du profit. Les débats sur la protection sociale, sur la gestion de Michelin, sur les « compressions d’effectifs », sur les enjeux réels de la flexibilité y gagneraient sans doute en « transparence » (puisque le terme – nous y reviendrons – est à la mode).

La pathologie du capital, celle que manifeste l’argent lorsqu’il crie son désir de valeur, c’est la scission intime, la fente qui le traverse, le divorce d’avec lui-même. Cette scission se manifeste aussi dans le rapport contradictoire du privé et du public, aujourd’hui soumis à de profonds remaniements.

En raison d’abord du mouvement sans précédent de privatisation qui répond à l’élargissement du domaine de mise en valeur du capital. Il s’agit, bien sûr, de la privatisation des entreprises, mais tout aussi bien des services (santé, éducation, transport), de la ville, du vivant (brevetage et propriété intellectuelle sur les modifications génétiques), du droit, de la solidarité (fonds de pension), de l’information. Comme l’a dit Fabius dans un élan de sincérité, tout ce qui est destiné au marché a vocation à être privé.

La contrepartie de ce mouvement de privatisation généralisée de l’espace public, c’est bien sûr le dépérissement de la vie publique, l’anémie de la citoyenneté, la langueur de la participation démocratique. C’est aussi, paradoxalement, la publicisation de la vie privée par la mise en scène médiatique (parfois subie mais la plupart du temps voulue) du domaine privé des personnages publics : les frasques de Clinton, Mitterrand et sa fille, le couple biblique des Tibéri.

La revendication de singularité individuelle (le droit d’être soi-même) est une exigence démocratique : la diversification des besoins et l’émancipation de chacun sont un enrichissement de tous. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans l’apologie libérale d’un individualisme sans individualité (d’un individualisme standardisé), mais très exactement de la petite musique qui accompagne l’asservissement « volontaire » à la logique marchande : tous (toutes) des consommateurs, des actionnaires, des clients. Et, comme chacun sait, « le client est roi ».

On en arrive ainsi à convaincre les salariés des bienfaits de l’autolicenciement grâce auquel ils gagneraient en tant qu’actionnaires ce qu’ils perdent en tant que salariés ! De même, le droit (collectif et mobilisateur) à l’emploi devient ainsi soluble dans la démonstration (individuelle et culpabilisante) d’« employabilité [4] ».

Chef de file des Chicago Boys, Milton Friedman traduit clairement cette nouvelle narration du capital en programme (anti)social. Il s’agit de renverser la « tyrannie du statu quo », de « triompher des avantages acquis » et de « décourager les rentes de situation » : « Rares sont les règles permettant de renverser cette tyrannie de l’immobilisme. Il en est une claire à tout le moins : s’il faut privatiser ou élaguer une activité publique, faites-le complètement. Ne recherchez pas un compromis grâce à une privatisation partielle ou à une réduction partielle du contrôle étatique […]. L’une des manières de réduire l’opposition à la privatisation consiste à identifier ses adversaires potentiels, puis à les gagner à l’opération, en élargissant par exemple l’actionnariat, un type de capitalisme populaire, où excellait Mme Thatcher. » Car « la question cruciale n’est pas de savoir si l’on fera jouer le marché ou pas. Toutes les sociétés se servent du marché. La distinction cruciale est celle de la propriété privée [5] ». À bons entendeurs…

Dans le discours décomplexé du capital, la dépolitisation méthodique va de pair avec la moralisation à outrance. L’heure est à la « guerre éthique » (Tony Blair), à la « souveraineté éthique » (Cohn-Bendit). Michel Pébereau, patron de la BNP, invoquait les « règles éthiques » de son opération sur la Société générale ; il affirmait, non sans lyrisme bancaire, que « la réputation technique et éthique du marché de Paris » était en jeu dans l’affaire. Pour Jacques Chirac enfin, « nous sommes tous des paysans »… « au sens éthique du terme » (! ?).

Bref, la politique et le droit deviennent solubles dans l’éthique : coincé entre l’impératif catégorique de l’éthique et les automatismes « naturels » du marché, le citoyen a mauvaise mine. D’où l’inflation compensatoire de la rhétorique de la citoyenneté (de l’information citoyenne à l’entreprise citoyenne), qui est plus l’attestation d’un manque que l’affirmation d’un contenu.

Cette escalade de l’éthique est l’envers (la béquille et le baume) du déchaînement de la jungle marchande. Elle peut parfaitement faire le meilleur ménage avec la concentration et le monopole de la puissance (financière et militaire). Ces noces barbares sont alors porteuses des pires dangers : lorsque le fanatisme de l’éthique (« l’obligation inconditionnelle illimitée » dont parle Bernard-Henri Lévy) s’allie à la suprématie technique impériale, l’espace même de la pluralité politique, de la contradiction, et de la controverse est menacé [6].

Dans Mythologies, Roland Barthes dressait naguère un petit inventaire des constantes idéologiques autour desquelles s’articule le discours bourgeois type. La plupart de ces traits demeurent.

La naturalisation de l’histoire et de l’économie. Au moment du limogeage d’Oskar Lafontaine, ce fut, dans les médias, un florilège d’abaissement de la politique : « On ne fait pas de politique contre la mondialisation […]. L’économie s’est rebellée contre une politique en contradiction avec la compétition internationale […]. » Et : « On ne peut pas faire de politique contre l’économie » (Gerhard Schröder en personne).

Le « ninisme ». On a connu la version de la gauche mitterrandisée : « ni nationalisations, ni privatisations ». On a maintenant la version de la « troisième voie » ou du « nouveau centre » : ni droite, ni gauche. L’éventail des possibles se réduit ainsi au choix du juste milieu, entre deux centres, entre les demi-teintes et les demi-mesures, entre les extrêmes du centre. Allez vous étonner, dans ces conditions, que la politique, la démocratie, et la citoyenneté soient affreusement malades.

La quantification de la qualité  : tout se mesure, tout s’achète, tout se vend. Non seulement les corps (ventes d’organes et trafics d’embryons), les âmes, mais aussi le nom (dont Chantal Thomass ou Inès de la Fressange se sont dépouillées contre argent sonnant et trébuchant). Signe des temps : sur la Bourse de Paris, à côté du drapeau tricolore, flotte désormais, le drapeau bleu étoile de l’euro, comme si le sigle « dollar » flottait sur la Maison Blanche ! Pourquoi se gêner.

À partir de ces constantes, il serait éclairant d’écrire aujourd’hui les « nouvelles mythologies » du capital mondialisé.

Par rapport au social-libéralisme honteux de la gauche du centre, le credo libéral de droite a le mérite de la clarté. Ainsi Madelin estime-t-il « tout simplement idiot » d’opposer l’économie de marché à la société de marché. L’une ne va pas sans l’autre. Au vieux monde vertical des hiérarchies, mécanique et directif, il oppose le nouveau monde horizontal, organique et spontané, des réseaux. Le jardinier remporterait sur l’architecte, la responsabilité sur la réglementation, les rapides sur les lents. Or, l’État est lent et le Marché rapide [7]… Ce n’est pas l’État qui est lent (il peut même se montrer parfois fort expéditif), mais la controverse publique, la démocratie dont le temps s’accorde de plus en plus mal aux désirs et aux caprices impatients du capital.

À titre indicatif, je proposerai pour finir quelques pistes (incomplètes) pour des « mythologies » futures de la rhétorique du capital.

Une généralisation du fétichisme et de la réification (cohérente
avec l’extension et la généralisation des rapports marchands). La personnification des « marchés financiers » (qui ne toléreraient pas que…,
qui n’accepteraient pas…, qui prendraient ombrage…) en est sans doute
le meilleur exemple. Mais le fétichisme de l’Argent, de l’Histoire, et de
l’Humanité se porte toujours très bien.

Un culte décomplexé de la puissance. Il puise une légitimité quotidienne dans la mise en scène de la puissance sportive ou dans la
promotion médiatique de la force militaire. Mais il appartient désormais
au langage ordinaire de l’économie (« Choisissez la puissance », martelaient symétriquement les dirigeants de la BNP et de la Société générale) et de la politique (ah ! ce vertige satisfait de « L’Europe Puissance [8] »…).

Le goût (orwellien) de la « transparence ». Plus la démocratie est anémiée, plus le rapport social est opaque, plus le capital multiplie ses tours de magie, et plus sa novlangue invoque la transparence. Ainsi, l’éditorialiste du Monde a salué la bataille impitoyable pour la concentration bancaire, comme une victoire de la « démocratie de marché » et de la transparence. Sur la fonction idéologique de ce vocabulaire (la transparence, c’est la pureté mais aussi le vide d’une place publique désertée), on lira avec intérêt les « théorèmes de la domination », de Michel Surya [9].

L’inflation de la méthode. Moins il y a de programmes, de propositions et de projets, plus il y a de discours de la méthode. On a eu la méthode Rocard, la méthode Balladur, la méthode Notat, la méthode Juppé, la méthode Jospin. Elles se ressemblent comme des gouttes d’eau et se réduisent à quelques maximes de sens commun : prendre le temps de la réflexion et de la concertation, etc. Cette politique du vide est parfaitement illustrée par une trouvaille récente du marketing politique : « Parti ouvert. Cherche esprits libres. »

L’euphorie du faux mouvement contre les pièges de l’immobilité. Le monde bouge, tout bouge, il faut bouger et savoir bouger. Bouger son corps sur une piste de danse, bouger professionnellement, bouger affectivement, bouger l’Europe. C’est, en quelque sorte, la version vulgaire et troupière du Guépard et du prince Salina : « Il faut que tout bouge pour que rien ne bouge. »

Le simulacre de la convivialité comme masque de la concurrence sans merci : Michel Pébereau s’est empressé de présenter son offre hostile d’achat sur la Société générale comme un « projet amical » et le communiqué d’accord à l’arraché entre Total et Elf précise qu’on est parvenu au compromis « de façon amicale ». Dans les grandes familles d’hier on s’étripait familialement, dans les conseils d’administration de la corporate gouvernance, on s’entre-tue amicalement.

L’art raffiné de l’euphémisme et de la périphrase. Dans L’Horreur économique, Viviane Forrester en répertoriait déjà nombre d’exemples. Les salariés deviennent des « ressources humaines » ; les licenciements, des « départs contraints » ; les bombardements, des « frappes chirurgicales » ; le massacre de civils, des « dommages collatéraux » ; un raid prédateur, « une offre non sollicitée ». La guerre n’est même plus la guerre mais une simple « gestion de crise » ou une « logique de coercition » (Jospin). Alors que se développe un apartheid rampant, social et scolaire, on ne dit plus les banlieusards et les trains de banlieue, mais les Franciliens et le Transilien. Bref, on met des patins aux mots pour ne pas rayer les parquets : la lutte des classes (trop grossière) disparaît dans la conflictualité du travail, le capital dans la valeur, l’impérialisme dans l’humanitaire, la révolution dans la « transformation sociale ». Un chat ne s’appelle plus un chat.

Le sens du risque et de l’extrême. L’entrepreneur est le grand aventurier de la postmodernité qui entraîne ses cadres à l’esprit de corps dans des stages commandos. L’acceptation du risque est un impératif de l’univers impitoyable du marché : tous contre tous, chacun pour soi, et sauve qui peut. Mais le risque est aussi une affaire rentable. Comme le dit fort bien Denis Kessler, président de la Fédération française des sociétés d’assurance : « La matière première de l’assurance, c’est-à-dire le risque, est en pleine évolution [10] ». Il aurait pu dire en pleine expansion rentable pour les assureurs : vivre dangereusement, jouir sans entraves, et faire le bonheur des assureurs !

Le syndrome de la foule solitaire et la parodie de la distinction. La désagrégation sociale défait les solidarités et les références collectives. L’individualisation marchande est d’abord une pulvérisation sociale. Il n’y a plus de travailleurs, de cheminots, de postiers, d’instituteurs, d’infirmières, mais des « gens ». Les « gens » sans qualité ont envahi le discours politique : la foule solitaire des sondés qui ne votent plus, des consommateurs, des clients anonymes. Walter Benjamin soulignait que l’Allemagne nazie était le pays où il était interdit de nommer le prolétariat par son nom ; et Hannah Arendt faisait de la dissolution des classes dans la masse l’un des traits majeurs du totalitarisme. Comme pour offrir une compensation a cette tendance anomique dominante, le discours du capital multiplie les titres et les distinctions de pacotille d’une hiérarchie sociale maquillée : le rapport social est soluble dans les catégories socioprofessionnelles formellement revalorisées.

Un mot pour l’autre. Apôtre de la mondialisation béate, Alain Minc s’est fait en France le propagateur du jargon de l’équité, non comme correctif et complément de l’égalité (à ce titre, on pourrait considérer l’âge de la retraite pour les roulants, les zones d’éducation prioritaire, ou la fiscalité progressive au lieu de proportionnelle, comme des mesures d’équité sur fond d’égalité) mais comme substitut à l’égalité, de même que la charité remplace subrepticement la solidarité. À quand le changement de la devise républicaine au profit de la devise libérale : Marché, Équité, Charité ?

Enfin, le « capitalisme absolu » développe un système de valeurs et de normes. Il vaut toujours mieux être ouvert que fermé, flexible que rigide, rapide que lent, léger que lourd. C’est le règne de l’instantané et de l’allégé, du versatile et du volatile (comme le cours du Cac 40), du café sans café, du sucre sans sucre, du beurre sans matière grasse… « De la vie sans vie et de l’histoire sans histoire », ajoute un personnage du film de Dominique Cabrera, Nadia et les hippopotames. Contre cette rhétorique moderne du capital ventriloque, le langage de la résistance passera en effet – esprit de contradiction oblige – par un éloge de la lenteur et de la pesanteur, de la fermeté et de la durée.

Revue Barca ! Poésie, politique, psychanalyse, novembre 1999

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Notes

[1] 1 Marx K., Manuscrits de 1857-1858, Éditions sociales, tome I, p. 209 et 356.

[2] Voir, pour illustration, le récent film avec Christian Van Damme, Universal Soldiers.

[3] Les fameux fonds de pension exigent pour leurs placements un « Return on Equity » (ROE) d’au moins 15 %.

[4] Voir Petrella R., « La dépossession de l’État », Le Monde diplomatique, août 1999.

[5] Milton Friedman, « La troisième voie est sans issue », Le Monde, 20 juillet 1999.

[6] Je m’en explique plus longuement dans un livre, Contes et légendes de la guerre éthique, à paraître en novembre 1999 aux éditions Textuel (D.B.).

[7] Alain Madelin, Le Droit du plus faible, Paris, Laffont, 1999.

[8] Pour un plaidoyer en bonne et due forme sur les vertus de la puissance, voir Nicolas Tenzer, directeur de la revue Le Banquet  : « Notre capacité à vivre de manière prospère, c’est la puissance qui l’assure », Le Monde, 10 septembre 1999.

[9] Michel Surya, De la domination, Farrago, 1999.

[10] Le Monde, 30 juin 1999.