Tous les textes du philosophe Daniel Bensaïd.

Parcours biens

(publics, communs, inappropriables)

9. Crise écologique et biens inappropriables de l’humanité

« La crise écologique contribue à remettre à l’ordre du jour l’idée de biens communs inappropriables de l’humanité. L’eau en est l’exemple le plus éclairant. Mais l’air peut aussi devenir objet de litige avec l’instauration d’un marché des droits à polluer. Et la terre n’a jamais cessé de l’être pour les mouvements agraires en lutte contre l’accaparement des sols par la grande propriété. Elle est toujours aujourd’hui l’enjeu des luttes des sans-terre (au Brésil et ailleurs), mais aussi des nouvelles luttes urbaines : comment faire face à la crise urbaine et à l’explosion planétaire des bidonvilles, favelas, shanty towns, sans les “incursions énergiques” dans le sanctuaire de la propriété foncière et immobilière [1] », p. 74.

44. Souveraineté sociale

« Pour Proudhon, “l’eau, l’air et la lumière sont des choses communes, non parce qu’inépuisables, mais parce qu’indispensables”. Pareillement, la terre, étant indispensable à notre conservation, est donc inappropriable : “en deux mots, l’égalité de droit est prouvée par l’égalité des besoins”. La “souveraineté sociale” s’oppose ainsi à la “propriété individuelle” comme une “prophétie de l’égalité” et comme un “oracle républicain” », p. 73.

 

Retours

Parcours de dominantes

Dictionnaire

Actualité de la dépossession

Notes

[1] Voir Mike Davis, Le pire des mondes possibles, Paris, La découverte, 2006.