Tous les textes du philosophe Daniel Bensaïd.

Une radicalité joyeusement mélancolique

Préface du recueil de textes de Daniel Bensaïd choisis et présentés par Philippe Corcuff pour les éditions Textuel, en 2010.

À partir du début des années 1990, Daniel Bensaïd a bâti une œuvre originale, indissociablement philosophique et politique. Le thème de la mélancolie la traverse. C’est ce fil mélancolique qui tracera un trait entre les différents textes réunis dans ce volume, et publiés initialement entre 1992 et 2006 [1].

Le marxisme hétérodoxe et le messianisme juif laïcisé de Walter Benjamin (1892-1940) lui ont servi, à maintes occasions, de matériaux mélancoliques de réflexion, en association avec les trois autres figures historiques qui hanteront ce recueil : celles d’Auguste Blanqui (1805-1881), de Karl Marx (1818-1883) et de Charles Péguy (1873-1914). Dans Le Pari mélancolique, il opposait la nostalgie passéiste de « la mélancolie romantique » aux ouvertures sur l’avenir de « la mélancolie classique », « révolutionnaire » [2]. Les voix et les voies recouvertes, oubliées, des vaincus d’hier peuvent resurgir au cœur du présent afin de nous aider à débloquer un avenir que les conservateurs de droite et de gauche croient fermé à jamais (« la fin de l’Histoire », « le capitalisme, horizon indépassable de notre temps », le « oui à l’économie de marché, non à la société de marché » de Lionel Jospin, etc.). « Et mon passé revient du fond de sa défaite », chante Charles Aznavour dans Non, je n’ai rien oublié (1971).

Ces pistes ont profondément nourri ma propre démarche intellectuellement et politiquement tâtonnante, me menant notamment du Parti socialiste (1977-1992) à mon adhésion à la Ligue communiste révolutionnaire en 1999 et au Nouveau parti anticapitaliste à sa création en février 2009. Sans la rencontre avec Daniel en 1993, et à travers lui avec Benjamin, mon parcours aurait été autre. La mélancolie a été un fil qui nous a reliés au-delà de différences et de divergences qui n’entamaient ni notre amitié, ni notre collaboration intellectuelle, ni notre camaraderie militante. C’est sur cette base mélancolique qu’il m’avait entraîné dans l’aventure de la revue Contretemps, du premier numéro de mai 2001, dont nous cosignions la présentation (sous le titre « À contretemps, au carrefour des radicalités »), au numéro 22 de mai 2008, qui voyait s’achever la série publiée par les éditions Textuel [3]. C’est dans cette perspective qu’il m’avait aussi demandé de participer à partir de 2003 à l’animation de la collection qu’il avait créée, toujours aux éditions Textuel, en 1999 : « La Discorde ». Ce volume témoigne d’ailleurs de la productivité de ses collaborations multiples avec les éditions Textuel et constitue alors un écho à son amitié pour l’animatrice infatigable de ces éditions : Marianne Théry. Il constitue une trace des « années Textuel » de Daniel [4], en exprimant un style philosophique et politique qui est aussi un style littéraire.

Mélancolie benjaminienne

Dès son magistral Walter Benjamin, sentinelle messianique, Daniel annonçait à propos du philosophe et écrivain allemand qui, fuyant le nazisme, s’est suicidé en septembre 1940 à la frontière franco-espagnole : « Dans sa galaxie mélancolique, nous croiserons ses étoiles jumelles, et nous éprouverons les attractions d’affinités discrètement électives. Jusqu’à trouver les infimes bifurcations d’où partent des sentiers encore inexplorés [5]. » La piste des « bifurcations » appelait un double cheminement interactif : sur le front des temporalités historiques et sur celui de la raison messianique susceptible de nous introduire dans leurs mystères.

« L’histoire n’obéit pas aux fausses évidences chronologiques [6] », tonnait-il. Cela aurait été abdiquer devant « le temps homogène et vide » dénoncé par Benjamin [7]. Entre les ressources du passé et les possibilités de l’avenir, de nouveaux passages pourraient être forcés, politiquement, à partir de l’action présente. C’est ce qui distinguerait la pensée messianique sécularisée de Benjamin de la réflexion utopique d’Ernst Bloch (1885-1977), les deux philosophes marxistes se révélant pourtant proches par leur ouverture aux possibles décrits comme impossibles par les ordres dominants. Et c’est sur cette différence que Daniel choisit Benjamin contre Bloch.

Ainsi chez Bloch « le futur demeure la catégorie dominante [8] », alors que, pour Benjamin, « au contraire, chaque présent est chargé d’une mission rédemptrice [9] ». Pour le révolutionnaire Benjamin, comme pour le révolutionnaire Bensaïd, « le présent, et lui seul, commande le faisceau des “peut-être” [10] ». Avec Benjamin, « le temps saturé d’ “à-présent” [11] » constitue une « chance pour arracher une époque déterminée au cours homogène de l’histoire [12] ». Prendre parti ici et maintenant, à l’écart des langues de bois staliniennes, des prudences sociales-démocrates, des esthétismes gauchistes déconnectés de la praxis politique et de ses rugosités irrémédiablement impures, comme des frilosités académiques : « Passé et avenir sont remis en jeu dans le champ stratégique du présent [13]. » Usage du présent qui n’a rien à voir avec le présentisme actuel analysé par l’historien François Hartog, et avec son enfermement dans un présent perpétuel, déconnecté des ressources du passé opprimé et des projections dans le futur [14].

Cette lecture politique des ajustements/désajustements temporels avait besoin de l’appui d’une raison. Il ne s’agissait pas d’éteindre les Lumières, mais de les redessiner. La piste messianique se confirmait : « appelons messianique cette raison ouverte à l’aléatoire [15] ». Une telle raison messianique n’impliquait pas de rupture avec la perplexité mais la contenait : « Moment incertain. Présent perplexe, assailli par un passé intarissable, qui délivre par saccades et embardées, pêle-mêle, ses vérités censurées et ses douteux fantasmes [16]. » Se coltiner le doute, au moyen de repères raisonnés, lesté de balises éthiques et d’une mémoire politique, sans jamais croire à une maîtrise définitive et à une connaissance totale : « dans la ferme certitude de l’incertitude, il affronte la tyrannie du doute, sans pour autant s’en défaire [17] ». On est loin d’une raison positiviste enfermée dans la tour d’ivoire de ses prétentions à l’omniscience, car « l’histoire rythmée du possible ne se laisse pas réduire en système [18]  ».

Pari mélancolique

À la jonction ténue des bifurcations temporelles et de la raison messianique se profilait la figure du pari. Un « pari raisonné [19] » face à l’incertitude historique, qui trouvait quelques résonances avec la philosophie politique de Maurice Merleau-Ponty [20]. Il y aurait ainsi une « inéluctabilité du pari », « d’un pari obligé, bien qu’incertain, sur le possible » [21]. À gauche du possible, repoussant même les frontières de l’impossible. Espiègle, Daniel nous faisait alors voyager au milieu du polar de l’histoire, « confiant dans un Messie rusé, qui aurait, à la manière sans gène d’un Marlowe ou d’un Sam Spade, malicieusement glissé son pied dans l’entrebâillement de la porte, dans les battants entrouverts du possible [22] ». Partant, sa mélancolie radicale nous transportait de l’univers sombre du roman noir vers les régions troublantes de l’amour : « Dans la rencontre amoureuse des regards, dans la fulgurance de l’événement, l’infiniment petit domine l’infiniment grand. L’éphémère capture l’éternité [23]. » Entre irruption amoureuse et interruption politique, le pari mélancolique dotait nos actes d’une tenace relativité humaine ne s’abîmant pas dans le relativisme du « tout se vaut », sans pour autant regretter les absolus divins. « La solitude éthique de l’homme sans dieu se résout socialement dans la politique, qui refuse obstinément de croire à l’incroyable [24]. » Une croyance raisonnée se battant avec les risques de renaissance des logiques dogmatiques propres aux croyances cléricales, religieuses ou laïcardes « On n’a jamais fini de laïciser [25]. » Y compris face aux dogmes et aux absolus dits « laïcs ».

Chez Daniel, le sens benjaminien du tragique, en regard des désastres collectifs du XXe siècle (judéocide, stalinisme, colonialisme…) comme de l’apprivoisement personnel de la proximité de sa propre mort, était contre balancé par une intense joie de vivre et une chaleur communicative. À l’inverse, rompant avec l’idée « d’un projet à venir », Jean-Luc Nancy a récemment opposé un présent revalorisé à un futur dévalué : « il y a de l’existence, au présent, il y a du “sens” maintenant, pas “demain” », vantant alors l’exclusive « sensation », « ici et maintenant » [26]. Dans ce cadre, « la question n’est plus d’anticiper une justice idéale à venir, mais d’exiger une justice minimale immédiate [27] ». Mais doit-on nécessairement opposer les deux plans ?

Goguenard vis-à-vis de ce type de reculs, Daniel s’immergeait quant à lui dans les bouillons du quotidien, se régalait des petits bonheurs ordinaires et des sensualités immanentes, tout en reliant son existence aux fils émancipateurs du passé et aux percées de l’à-venir. « La dialectique de la mémoire et du projet » esquissée dans Le Pari mélancolique [28] n’impliquait pas de sacrifice du présent, contrairement aux préjugés de bien des retraités d’une aventure politique balayée par les vents du passé et du futur. Bien au contraire ! Il resplendissait de chaque éclat de soleil, de chaque coup de pédale, de chaque rencontre inédite, sans perdre contact ni avec les humiliations d’hier, ni avec les lueurs des demains émancipateurs. Dans un métissage de temporalités discordantes en mouvement. Daniel incarnait un marxisme radieux de la chair qui ne goûtait guère les tristes ressentiments académiques et autres suffisances des intellectuels de la chaire. Il se plaisait alors à saluer l’« humour mélancolique de Marcos [29] ». Sa philosophie était pratique, sa praxis concrète, vivante, depuis sa participation à la fondation de la Jeunesse communiste révolutionnaire en 1966, du Mouvement du 22-Mars en 1968 et de la Ligue communiste en 1969, devenue Ligue communiste révolutionnaire en 1974. Dans la dernière période, il a accompagné de son enthousiasme la constitution du Nouveau parti anticapitaliste [30].

Dissonances mélancoliques

À travers les méandres de temporalités désajustées, un marxisme ouvert lui servait de boussole. Non point comme dogme intangible, puisque des limites et des contradictions de Marx lui-même étaient pointées : « Ressuscitant les possibles, Marx, malgré son grand nettoyage, n’échappe pas tout à fait aux traces de la religiosité scientifique, historique, progressiste, si caractéristique de son siècle [31]. »

Le maintien de la référence marxiste demeurait toutefois l’une de nos principales différences : sous les coups des interrogations d’un Merleau-Ponty, d’un Bourdieu ou de la tradition anarchiste, je m’étais éloigné du seul cadre marxiste auquel il était attaché. Je tentais de prospecter des contrées plus adjacentes. Il était attentif à ce en quoi ces explorations pouvaient enrichir le marxisme. C’était tout particulièrement le cas des défis écologiques [32]. Toutefois il se méfiait, légitimement, contre les risques réels de ma propre démarche, des brouillages de la boussole. Il avait l’indulgence et la vigilance du grand frère, davantage aguerri par l’expérience. Il était ainsi sensible aux dangers de l’éclatement « postmoderne » des significations travaillant les cultures contemporaines, en alimentant « un air du temps imprégné d’un sentiment de dissolution généralisée (tout fout le camp !), d’affaissement du futur et d’anémie historique [33]  ».

Sa revalorisation de la pensée de Lénine, en tant que caractérisation de « la politique comme stratégie, de ses moments propices et de ses maillons faibles [34] », enrichissait l’espace théorique du pari. Mais il apparaissait peu soucieux de la pente léniniste de la monopolisation avant-gardiste de la dite élaboration stratégique par un groupe de « révolutionnaires professionnels ». Son approche d’inspiration trotskiste du stalinisme comme « contre-révolution bureaucratique » éclairait les discontinuités totalitaires entre bolchevisme et stalinisme, mais apparaissait insuffisamment sensible à leurs continuités autoritaires Autant de divergences qui me conduisaient à davantage regarder du côté des critiques libertaires et luxemburgiennes du léninisme [35], mais aussi m’interpellaient quant aux risques d’une stigmatisation par trop homogénéisante du révolutionnaire ambivalent d’Octobre 1917. Son « communisme hérétique », selon la caractérisation de notre ami commun Michael Löwy [36], ne passait donc pas par l’oubli ou la relativisation des barbaries staliniennes. Il n’était pas envisageable pour lui de reconstituer une perspective émancipatrice sur l’amnésie des crimes de ce qu’il qualifiait fermement de « totalitarisme bureaucratique [37] ». Certes, il continuait à donner le nom de « communisme » à l’espérance, contre les anticommunismes réducteurs et uniformément diabolisants. J’étais plus perplexe, à cause des usures historiques du mot comme de sa tendance à rabattre trop vite la tension entre cadres collectifs et déploiement des singularités individuelles sur le pôle du commun. Mais il ne s’agissait pas pour lui de revenir au même point qu’avant, sans prendre la mesure des catastrophes totalitaires. En ce sens, il ne pouvait suivre les nostalgiques mortifères de l’URSS ou même ceux d’un maoïsme dictatorial. Il reprochait, par exemple, à Alain Badiou de ne pas « prendre à bras-le-corps la question du stalinisme [38] ». Il avait pleinement compris que le pluralisme et la démocratie, au-delà de leurs squelettes néolibéraux, étaient devenus, plus que jamais après la chute du Mur de Berlin, des nécessités incontournables.

Nous circulions tous deux sur des chemins avoisinants à intersections, en nous efforçant d’éviter les écueils croisés de la fermeture dogmatique et de l’éclectisme confus. Il savait cependant, comme moi, que, dans la confrontation inévitable avec l’incertitude, on ne pouvait pas trancher définitivement entre nos pérégrinations tâtonnantes et dialoguantes respectives. Les fragilités collectives et individuelles lui avaient appris l’humilité, loin de l’arrogance des gardiens des temples, des rénovateurs trop pressés ou des marionnettes des modes successives.

L’avant-dernier chapitre de son autobiographie [39], dans lequel il parlait pudiquement de sa maladie, s’intitule « Fin et suite ». Un témoignage de sa générosité, un appel à poursuivre, pratiquement et théoriquement, les défrichages d’une politique renouvelée d’émancipation qu’il a amorcés. Mélancoliquement, en ne refoulant pas les larmes du manque, en souriant des gais souvenirs, en se remplissant de la perte, de sa perte…

Un recueil de textes radicalement mélancoliques

Le choix de textes, allant de 1992 à 2006, qui est proposé ici, en hommage à la philosophie politique de Daniel Bensaïd, est donc orienté par un fil mélancolique, par une radicalité mélancolique, un esprit de subversion mélancolique. Ces textes ont trois sources :

1. principalement des textes publiés aux éditions Textuel (revue Contretemps ou ouvrages) ;

2. trois textes issus d’un livre aujourd’hui épuisé La Discordance des temps. Essais sur les crises, les classes, l’histoire, publié aux défuntes Éditions de la Passion en 1995 (que soit ici remercié Marc Perelman) ;

3. un texte publié dans la revue Agone (nos remerciements à Thierry Discepolo). Nous remercions également Sophie Bensaïd et Robert March pour leur appui dans la réalisation de ce recueil. Trois parties ont été retenues. La première partie s’arrête sur quatre figures historiques, indissociablement intellectuelles et militantes, sur lesquelles Daniel a particulièrement travaillé autour de ces années : Karl Marx et Walter Benjamin, bien sûr, mais aussi Auguste Blanqui et Charles Péguy. Chaque chapitre de cette partie est consacré à un des quatre auteurs, par ordre chronologique de ces penseurs-militants. Le chapitre sur Benjamin marque les préférences de Daniel pour le messianisme benjaminien par rapport à l’utopie selon Ernst Bloch. Le chapitre sur Blanqui a été coécrit avec Michael Löwy. La deuxième partie explore mélancoliquement une série de terrains pour la pensée contemporaine, c’est-à-dire successivement : le rapport politique/éthique/esthétique, la tension entre les Lumières du XVIIIe siècle et les tendances postmodernes actuelles, les notions de « Révolution » et de « République », les différences entre la démocratie socialiste et le totalitarisme bureaucratique ayant usurpé le nom de « communisme », les oppositions entre les notions de « classe » et de « multitude » dans une critique de Michael Hardt et Antonio Negri, les nouveaux questionnements de l’écologie et les possibilités d’une nouvelle Internationale des opprimé-e-s. La troisième partie dessine une critique mélancolique du thème de « l’engagement intellectuel ». La tension-articulation entre travail intellectuel et engagement est d’abord prise comme objet, puis deux figures concrètes sont traitées : l’opposition à François Furet et la proximité-distance avec Pierre Bourdieu. Ces trois premiers chapitres ont été coécrits avec moi. Enfin, dans le dernier chapitre, Daniel part de la controverse de 1927-1932 entre Julien Benda et Paul Nizan sur l’engagement des intellectuels afin d’esquisser un chemin déplacé.

L’ensemble s’ouvre par un prologue, en forme d’« Éloge de la résistance à l’air du temps », où Daniel proclame : « Plus que les grands hommes, c’est “la loyauté envers ces inconnus” qui fait la grandeur de la politique », en référence aux « rebelles anonymes » et autres « héros ordinaires de la résistance à l’irrésistible ».

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Notes

[1] Cette introduction constitue une version légèrement remaniée d’un article paru sous le titre « Discordances mélancoliques de/avec Daniel Bensaïd » dans le n° 32 de la revue Lignes (nouvelle série) de mai 2010 tout entier consacré à un hommage à Daniel Bensaïd. Cet article avait lui-même été préparé par un texte plus court publié dans l’hebdomadaire Politis au lendemain de la mort de Daniel Bensaïd sous le titre « Daniel Bensaïd ou la radicalité joyeusement mélancolique » (n° 1086, du 21 au 27 janvier 2010).

[2] D. Bensaïd, Le Pari mélancolique. Métamorphoses de la politique, politique des métamorphoses, Paris, Fayard, 1997 (« Les révolutions mélancoliques », chapitre. X, p. 233-258).

[3] L’aventure a, par la suite, continué sous deux formes autonomes et associées : 1) une version web depuis octobre 2008 (contretemps.eu) et 2) une version papier aux éditions Syllepse, à partir du n° 1 d’une nouvelle série paru au 1er trimestre 2009.

[4] Outre son animation et ses contributions à la collection « La Discorde » et à la revue Contretemps, deux livres ont marqué ces « années Textuel » de Daniel : Éloge de la résistance à l’air du temps, entretien avec Philippe Petit, collection « Conversations pour demain » (1999) et le magnifique ouvrage du point de vue iconographique Passion Karl Marx. Les hiéroglyphes de la modernité (2001).

[5] D. Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique. À la gauche du possible, Paris, Plon, 1990, p. 8. Réédition aux Prairies ordinaires, Paris, 2010.

[6] Ibid., p. 18-19.

[7] W. Benjamin, « Sur le concept d’histoire » (1940), thèses XIII et XIV, repris in Œuvres III, Paris, Gallimard, coll. « Folio-Essais », 2000, p. 439.

[8] D. Bensaïd, « Utopie et messianisme : Bloch, Benjamin et le sens du virtuel », in La Discordance des temps. Essai sur les crises, les classes, l’histoire, Paris, Les Éditions de la passion, 1995, p. 216 ; texte repris dans ce volume infra (chapitre 4 de la partie I).

[9] Ibid., p. 216.

[10] Ibid.

[11] W. Benjamin, « Sur le concept d’histoire », op. cit., thèse XIV, p. 439.

[12] Ibid., thèse XVII, p. 441.

[13] D. Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique, op. cit., p. 198-199.

[14] Voir F. Hartog, Les Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003, et, à partir de l’expérience néozapatiste, J. Baschet, « L’histoire face au présent perpétuel. Quelques remarques sur la relation passé/futur », in F. Hartog et J. Revel (éds.), Les Usages politiques du passé, Paris, éditions de l’EHESS, 2001, p. 55-74.

[15] D. Bensaïd, « Utopie et messianisme : Bloch, Benjamin et le sens du virtuel », op. cit., p. 217.

[16] D. Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique, op. cit., p. 7.

[17] D. Bensaïd, Le Pari mélancolique, op. cit., p. 294.

[18] D. Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique, op. cit., p. 17.

[19] D. Bensaïd, Le Pari mélancolique, op. cit., p. 295.

[20] Voir D. Bensaïd, Qui est le Juge ? Pour en finir avec le tribunal de l’Histoire, Paris, Fayard, 1999, et P. Corcuff, « Actualité de la philosophie politique de Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) », Mediapart, 5 et 7 janvier 2009 : « (I) Politique et raison critique », mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/050109/actualite-de-la-philosophie-politique-de-maurice-merleau-ponty-190] et « (II) Politique et histoire », www.mediapart.fr/club/blog/p... philosophie-politique-de-maurice-merleau-ponty-190], et à la croisée des deux perspectives le texte que nous avons coécrit : « Le travail intellectuel au risque de l’engagement », Agone, n° 18-19, 1998, repris dans ce volume infra (chapitre I de la partie III).

[21] D. Bensaïd, Le Pari mélancolique, op. cit., p. 14.

[22] D. Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique, op. cit., p. 94.

[23] Ibid., p. 137.

[24] Ibid., p. 237.

[25] Ibid, p. 153.

[26] « Le sens de l’histoire a été suspendu », entretien de J.-L Nancy avec É. Aeschimann, Libération, 4 juin 2009.

[27] Ibid.

[28] Op. cit., p. 71.

[29] Dans Le Pari mélancolique, op. cit., p. 252.

[30] Voir D. Bensaïd et O. Besancenot, Prenons parti. Pour un socialisme du XXIe siècle, Paris, Mille et une nuits, 2009.

[31] D. Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique, op. cit, p. 153 ; voir aussi infra (chapitre II de la partie I) le texte « Karl Marx : le temps des crises et des cerises » (1re éd. : 1995).

[32] Voir notamment « Les tourments de la matière (Contribution à la critique de l’écologie politique) », in Marx l’intempestif. Grandeurs et misères d’une aventure critique (XIXe-XXe siècles), Paris, Fayard, 1995, p. 347-399, et infra (chapitre VII de la partie II) le texte intitulé « L’écologie n’est pas soluble dans la marchandise » (1re éd. : 2002).

[33] D. Bensaïd, Les Irréductibles. Théorèmes de la résistance à l’air du temps, Paris, Textuel, coll. « La Discorde », 2001, p. 10.

[34] Un monde à changer. Mouvements et stratégies, Paris, Textuel, coll. « La Discorde », 2003, p. 152.

[35] Voir P. Corcuff, « De Rosa Luxemburg à la social-démocratie libertaire », Contretemps, n° 6, février 2003, repris sur www.mediapart.fr/club/blog/p... -1919-des-contradictions-de-l-action-emancipatr.

[36] M. Löwy, « L’hérésie communiste de Daniel Bensaïd », Lignes, n° 32 (nouvelle série), mai 2010.

[37] Dans Les Irréductibles, op. cit., p. 83 ; repris infra chapitre V de la partie XI.

[38] D. Bensaïd, « Un communisme hypothétique. À propos de L’Hypothèse communiste d’Alain Badiou », Contretemps. Revue de critique communiste (nouvelle série), n° 2, 2e trimestre 2009, p. 108.

[39] D. Bensaïd, Une lente impatience, Paris, Stock, 2004.