Tous les textes du philosophe Daniel Bensaïd.

Daniel Bensaïd

2001

La notion de crise révolutionnaire chez Lénine

Retour sur le mémoire de maîtrise

Texte critique sur le mémoire de maîtrise tenu par Daniel Bensaïd en 1968 sous la direction d’Henri Lefebvre.

Concernant la crise révolutionnaire proprement dite, le mémoire part des définitions de Lénine dans La Faillite de la IIe Internationale et de Trotski dans son Histoire de la Révolution russe. Le premier établit une interaction variable entre divers éléments de la situation : lorsque ceux d’en-haut ne peuvent plus gouverner comme avant ; lorsque ceux d’en-bas ne supportent plus d’être opprimés comme avant ; et lorsque cette double impossibilité se traduit par une soudaine effervescence des masses. Trotski reprend ces critères à son compte en insistant sur leur réciprocité : « La réciprocité conditionnelle de ces prémisses est évidente : plus le prolétariat agit résolument et avec assurance, et plus il a la possibilité d’entraîner les couches intermédiaires, plus la couche dominante est isolée, plus la démoralisation s’accentue chez elle ; et en revanche, la désagrégation des couches dirigeantes porte de l’eau au moulin de la classe révolutionnaire. »

L’ultime condition du dénouement de la crise, celle qui en combine les divers éléments en une conjoncture propice, c’est l’action même du sujet identifié au « parti révolutionnaire en tant qu’avant-garde unie et trempée de la classe ». Lénine fait explicitement de cette présence active le point de différenciation décisif entre une simple situation révolutionnaire et une crise révolutionnaire : « La révolution ne surgit pas de toute situation révolutionnaire, mais seulement dans le cas où à tous les changements subjectifs énumérés vient s’ajouter un changement subjectif, à savoir la capacité pour la classe révolutionnaire de mener des actions de masse assez vigoureuses pour briser complètement l’ancien gouvernement qui ne tombera jamais, même à une époque de crise, si on ne le fait choir. » Cette capacité implique un procès de subjectivation où les dominés tirent leur force de l’affaiblissement de l’adversaire : « La clé de la crise ne réside plus dans l’un ou l’autre de ses éléments objectifs, mais se trouve au cœur même du sujet qui les synthétise en les intériorisant [1]. » La crise n’est donc pensable que du point de vue de son sujet.

Encore faut-il déterminer de quoi elle est la crise. Sur ce point, je restais largement tributaire de la problématique mise en place par Nicos Poulantzas dans Pouvoir politique et classes sociales [2]. Il combinait l’abstraction théorique des « modes de production » à la réalité concrète des « formations sociales » au sein desquelles ils s’articulent et se chevauchent. C’est à cette articulation que se trouvait le lieu de la crise en tant que moment spécifique de la politique : « On peut juxtaposer des modèles structuraux, mais on ne peut déduire l’un de l’autre et faire la théorie de leur enchaînement sans faire le détour par la politique » : « La crise révolutionnaire n’est donc pas la crise d’un mode de production mais celle d’une formation sociale déterminée où les contradictions du mode de production s’actualisent à travers les forces sociales réelles qui y sont impliquées [3]. »

Se dessinait ainsi un dispositif où faisaient système la catégorie du présent comme temps spécifique de l’action politique, et la notion de crise comme nœud de temporalités désaccordées où surgit la possibilité événementielle du changement.

Cette lecture de Lénine était largement inspirée par celle de Lukacs. Insistant sur le fait que la crise économique, corrigeant les déséquilibres périodiques du cycle d’accumulation, remplit chez Marx une fonction régulatrice, il affirme que « seule la conscience du prolétariat peut montrer comment sortir de la crise du capitalisme ; tant que cette conscience n’est pas là, la crise reste permanente, revient à son point de départ et répète la situation » : « La différence qualitative entre la “dernière crise” du capitalisme, sa crise décisive, et les crises antérieures ne réside donc pas dans une métamorphose de leur extension et de leur profondeur, bref de leur quantité en qualité. Ou plutôt, cette métamorphose se manifeste en ceci, que le prolétariat cesse d’être simple objet de la crise et que se déploie ouvertement l’antagonisme inhérent à la production capitaliste [4]. » La crise de la formation sociale devient donc crise révolutionnaire lorsqu’une subjectivité se dresse face à l’objectivité du capital et de l’État.

Comme s’il fallait se prévaloir d’autres cautions théoriques, l’intervention décisive du sujet et du projet faisait à nouveau appel à la science moderne selon Bachelard, pour qui « la méditation de l’objet par le sujet prend toujours la forme d’un projet » ; ou à la critique sartrienne de la raison dialectique, définissant « le projet comme dépassement subjectif de l’objectivité » : tendu « entre les conditions objectives » du milieu et les « structures objectives du champ des possibles », il « représente en lui-même l’unité mouvante de l’objectivité et de la subjectivité ». Je n’hésitais même pas à mobiliser la fameuse formule freudienne du « Wo est war, soll ich werden » pour traduire le mouvement qui porte le prolétariat aliéné vers sa vérité et pour identifier le parti, non au ça de la conscience spontanée, ni au moi de la censure, mais à l’effort par lequel le prolétariat s’arrache à son immédiateté pour découvrir en tant que classe sa vérité historique latente.

Ce mouvement aboutissait à une étrange dialectique entre un sujet théorique, aussi abstrait qu’absent (le prolétariat tel qu’il s’inscrit logiquement dans la structure du mode de production), et le sujet pratique que constitue son avant-garde en tant qu’elle incarne « non le prolétariat en soi, dominé économiquement, politiquement, idéologiquement, mais le prolétariat “pour soi”, conscient du processus de production et de reproduction dans son ensemble, et de sa propre place dans ce processus. » Même si ce « pour soi » était affublé de prudents guillemets, la problématique, inspirée de Lukacs plus que de Marx ou même de Lénine, tendait, par un coup de force hégélien, à faire du parti l’équivalent de l’esprit absolu et l’incarnation parfaite du pour-soi, hors de portée des flux, des reflux, et des différenciations de la conscience de classe [5].

Il y avait bien là le fondement théorique d’un volontarisme politique exacerbé et d’une politique qu’il faut bien qualifier de gauchiste. La notion de crise révolutionnaire permettait en effet de réconcilier dans une épiphanie historique le sujet pratique avec son fantôme théorique. Les deux visages de ce sujet introuvable s’y trouvaient exceptionnellement conjoints : le sujet théorique dans la mesure où, porteur d’un autre avenir, il sous-tend la possibilité d’un projet stratégique ; et le sujet pratique, dans la mesure où il élabore, assume, et réalise cette stratégie. La notion de stratégie venait ainsi compléter le dispositif conceptuel de la crise, de la politique, du présent, et du parti.

Curieusement, cette logique de la subjectivité révolutionnaire, semble partiellement contredite par un passage qui s’explique, trente ans après, par le contexte polémique de Mai 68. Après l’élection en juin de la chambre introuvable gaulliste et le retour à un ordre normalisé, les militants enthousiastes et déçus étaient surtout préoccupés de savoir « comment continuer », comment faire pour que la crise ne soit pas aussitôt cicatrisée. L’ampleur même de la grève générale, la découverte enivrante de l’audace et de l’inventivité des masses soudain libérées du cercle de fer de l’aliénation, et, par contraste, la couardise routinière des appareils, la disproportion des rapports de forces, le décalage entre les possibilités exprimées dans la rue et l’inertie des représentations électorales, tout concourrait à une apologie d’une spontanéité populaire rédemptrice. Chez les plus sophistiqués, ou les plus cultivés, cette orientation privilégiant le mouvement par rapport à l’organisation, la spontanéité par rapport au programme, se réclamait de Rosa Luxemburg. On venait tout juste de rééditer l’Histoire du bolchevisme d’Arthur Rosenberg. En Italie, Rossana Rossanda traduisait cette espérance dans les vertus régénératrices du mouvement social par l’affirmation que « le centre de gravité » s’était « déplacé des forces politiques vers les forces sociales ». Lorsque la situation politique paraît bloquée, cette formule a forcément sa part de vérité. Seule l’irruption de forces sociales nouvelles peut faire bouger les lignes et rénover le champ politique lui-même. On a connu une situation analogue en France depuis les mouvements de l’hiver 1995.

Mais Rosenberg proposait une théorie générale de la conscience et de l’organisation selon laquelle la théorie du parti est directement fonction de l’état sociologique et du développement historique du prolétariat. L’idée d’un parti distinct de la classe, qui trouve dans le Lénine de Que faire ? son expression théorique radicale, serait ainsi le produit d’un stade de développement encore embryonnaire du prolétariat, où les groupes intellectuels et les sociétés conspiratives peuvent jouer un rôle pionnier. Au fur et à mesure que le développement du capital entraîne un développement corrélatif de la classe, de sa concentration, de son expérience, de son organisation, la classe en-soi deviendrait spontanément classe pour-soi : sujet théorique et sujet pratique de la révolution sociale tendraient alors à coïncider. Ce déterminisme sociohistorique s’opposait à la vision, certes balbutiante, du rôle de l’événement, de l’opportunité kairotique de la crise, du présent stratégique, du projet et du parti, au profit d’un processus organique.

En réaction légitime à la direction bureaucratique de l’appareil social-démocrate allemand, Rosa Luxemburg développe en effet une dialectique de la conscience, selon laquelle le prolétariat aliéné serait conduit par l’expérience historique à la réalisation de son concept. Chaque défaite, chaque erreur, chaque revers deviennent alors les moments nécessaires de ce procès. Il en résulte, contre la prétention du parti et de ses chefs à diriger, que « le seul sujet auquel incombe le rôle du dirigeant est le moi collectif de la classe qui réclame le droit de faire elle-même les fautes ». Rosa Luxemburg affirme ainsi sa foi dans « un renforcement croissant de la conscience de classe » suivant une marche évolutive et conçoit la social-démocratie débureaucratisée comme le simple « mouvement propre de la classe ouvrière ». Elle reprend une idée de Martov, fort répandue dès le début du siècle dans le mouvement socialiste international, selon laquelle « le parti est l’interprète conscient d’un processus inconscient ». Alors que Lénine en conclut qu’il n’y a pas d’identification immédiate entre le parti et la classe (car en ce cas l’énigme de la révolution serait aussitôt résolue), Rosa définit l’organisation comme un produit spontané de la lutte, dans lequel la social-démocratie se contente d’introduire en pédagogue « simplement la conscience politique ».

Elle se prête ainsi à une interprétation mécanique du cheminement de l’inconscient au conscient. C’est le luxemburgisme vulgaire des épigones que vise Lukacs lorsqu’il écrit, dans sa brochure sur Lénine imprégnée de l’impatience volontariste des années vingt : « Ce serait se bercer d’illusions que de s’imaginer que la conscience de la classe, vraie et susceptible de conduire à la prise du pouvoir, peut naître au sein du prolétariat, sans heurts ni régressions, comme si le prolétariat pouvait peu à peu se pénétrer idéologiquement de sa vocation révolutionnaire [6]. » Penseur de la crise en tant que moment d’une métamorphose subjective, Lukacs accorde peu d’attention au développement inégal et multiforme de la conscience, à ses flux et reflux. Penseur d’une politique de l’événement, il légitime en théorie le gauchisme politique illustré par l’action de mars 1921 en Allemagne. Dans le contexte de l’après 68, marqué par les images de l’action exemplaire, du foyer de guérilla qui met le feu à la plaine, ou du détonateur dans la poudrière sociale, ce gauchisme théorique n’était pas pour nous déplaire.

Il y avait pourtant de quoi avoir la puce à l’oreille : « En somme, par le développement historique, la classe en-soi deviendrait classe pour-soi et le sujet théorique, sujet pratique. » Cette thèse s’inscrit dans une dialectique hégélienne qui marche encore sur sa tête. Elle relève d’une lecture de Marx que Poulantzas qualifiait d’historico-génétique. Le rôle du parti s’en trouvait paradoxalement relativisé par l’auto-développement de la classe sociale en sujet directement politique.

Sous l’influence structuraliste, Poulantzas soulignait que si « la classe est bien un concept, il ne désigne pas une réalité qui puisse être située dans les structures ». Cette réserve pouvait paraître cohérente avec la distinction de Lénine entre le social et la politique, et avec son refus de la confusion « désorganisatrice » entre le parti et la classe. Il fut en effet l’un des premiers à concevoir le champ politique comme un jeu spécifique de contradictions et d’antagonismes sociaux transfigurés, exprimés dans un langage propre, plein de ce que la psychanalyse désignerait comme des déplacements, des condensations, et des lapsus révélateurs. Suivant cette analogie, le parti jouerait un rôle d’analyste à l’écoute du social dont il interprète les symptômes. Cette relation du politique et du social, conçue sur le mode non du reflet mais de la transposition, n’a cessé de me préoccuper [7] par la suite (notamment dans Le Retour de la question sociale, dans Le Pari mélancolique à propos d’Hannah Arendt, ou dans l’Éloge pour la résistance à l’air du temps).

La crise révolutionnaire apparaît ainsi comme l’opérateur d’une vérité événementielle qui s’écoute mais ne s’énonce pas. Dans le texte de Lacan sur la vérité, publié dans Cahiers pour l’analyse et repris dans les Écrits de 1967, l’objet de la science était défini comme son sujet « en exclusion interne à l’objet ». Si, selon la célèbre formule de Lénine, la théorie de Marx est « puissante parce qu’elle est vraie », encore fallait-il s’interroger avec Lacan sur le fait de savoir « pourquoi, d’en faire la théorie en accroîtrait la puissance ». Le rapport de la science au savoir était représenté topologiquement par le fameux nœud borroméen dont les deux faces s’interpénètrent : la théorie ne dit pas le vrai sur le vrai, mais la vérité parle à travers la théorie. La crise révolutionnaire opérerait alors sur cette bande, où la vérité est tressée dans le langage, comme un coup de ciseau : elle marquerait la rupture entre les bavardages de la science ordinaire et une « vérité un instant libérée de son mutisme ».

Pour la société, pour la classe, et pour le parti lui-même, la crise devient, à proprement parler, l’heure de vérité : « Ce qui importe en temps de crises, écrit Lénine, c’est qu’elles manifestent ce qui, jusque-là, était latent, rejettent ce qui est secondaire, superficiel, secouent la poussière de la politique, mettent à nu les ressorts véritables de la lutte de classe telle qu’elle se déroule réellement [8]. » De même, à l’épreuve de la guerre, « les partis grands et forts ont eu peur de voir leurs organisations dissoutes, leurs caisses saisies, leurs dirigeants arrêtés ».

Mon mémoire de maîtrise mettait ainsi en parallèle trois syllogismes inspirés du syllogisme hégélien d’existence où le singulier sert de médiation entre le particulier et l’universel. Ce qui donnait :

• Formation sociale – Crise révolutionnaire – Mode de production
• Spontanéité asservie – Parti/organisation – Classe sociale
• Idéologie – Vérité – Théorie

La lecture verticale de ces syllogismes établit une correspondance entre l’idéologie, la formation sociale et la spontanéité asservie de la classe, d’une part ; la crise révolutionnaire, l’intervention subjective du parti et la manifestation événementielle d’une vérité, d’autre part ; le mode de production, la structure de classe et la théorie, enfin.

Cette construction sous-tendait une idée de la politique, conçue, toujours selon une formule de Lénine, non comme arithmétique mais comme algèbre, comme une pratique et un langage irréductibles aux déterminations sociales immédiates : sa « nécessité » est « d’un autre ordre », « beaucoup plus complexe » que celui des revendications sociales liées au rapport d’exploitation. C’est, contrairement à ce qu’imaginent les marxistes vulgaires de la Rabotchaïa Mysl, un terrain où la politique « ne suit pas docilement l’économie » ; où, contrairement à ce qu’affirment ceux du Rabotchéié Diélo, on ne saurait déduire directement des luttes économiques les objectifs politiques du parti. La division en classe, écrit encore Lénine à propos des luttes étudiantes, est certes « l’assise la plus profonde des groupements politiques ; certes, c’est elle qui détermine en fin de compte ces groupements, mais cette fin de compte, c’est la lutte politique seule qui l’établit ». C’est pourquoi « l’expression la plus vigoureuse, la plus complète, et la mieux définie de la lutte des classes politique, c’est la lutte des partis [9] ». Se trouve ainsi répétée à maintes reprises l’idée selon laquelle la politique n’est pas un reflet du social, mais sa transposition dans une syntaxe et une grammaire propres du conflit.

La crise apparaît alors comme le moment de mutation par excellence où la théorie devient art du conflit : « L’histoire en général et plus particulièrement l’histoire des révolutions est toujours plus riche de contenu, plus variée, plus multiforme, plus vivante, plus ingénieuse que ne le pensent les meilleurs partis, les avant-gardes les plus conscientes des classes les plus avancées. Et cela se conçoit, puisque les meilleures avant-gardes expriment la conscience, la volonté, la passion de dizaines de milliers d’hommes, tandis que la révolution est un des moments d’exaltation et de tension particulières de toutes les facultés humaines – l’œuvre de la conscience, de la volonté, de la passion, de l’imagination de centaines de milliers d’hommes aiguillonnés par la plus âpre lutte des classes. » Lénine en tire la conclusion pratique d’une nécessaire disponibilité politique à l’impromptu de l’événement qui révèle la vérité des rapports sociaux : « Nous ne savons pas, nous ne pouvons pas savoir quelle étincelle pourra allumer l’incendie dans le sens d’un réveil particulier des masses. Aussi devons-nous mettre en action nos principes communistes pour préparer le terrain, tous les terrains, même les plus anciens, les plus amorphes et les plus stériles en apparence. Sinon, nous ne serons pas à la hauteur de notre tâche, nous serons exclusifs, nous ne prendrons pas toutes les armes. » Car « le communisme surgit de tous les points de la vie sociale, il éclôt partout… ; que l’on bouche avec soin une issue, la contagion en trouvera une autre, parfois la plus imprévisible [10] ».

Cultiver tous les terrains et rester à l’affût des issues les plus imprévisibles ! Contre l’esprit étroit d’un ouvriérisme borné et contre la fausse humilité d’un populisme voué à « servir le peuple », c’était parole d’or. Nous nous le tenions pour dit et, à la mesure de nos moyens, nous nous efforcions de suivre cette recommandation.

Rédigé dans le feu de l’événement, ce mémoire de maîtrise a fourni la matière d’interventions directement polémiques dans les débats passionnés de l’automne 1968 et de l’année 1969, pendant lesquels les différents courants de la gauche extraparlementaire s’efforçaient de définir leur fidélité à l’événement [11]. J’ai eu la surprise de constater que, plus de trente ans plus tard, la discussion sur les philosophies de la résistance et de l’événement, dans le contexte de la restauration libérale, me ramenait aux mêmes interrogations sur la notion de crise stratégique. C’est même la question centrale de Résistances. Essai de taupologie générale [12].

Archives personnelles, 2001 ou 2002

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Notes

[1] Mémoire de maîtrise, Nanterre, octobre 1968.

[2] Nicos Poulantzas, Pouvoir politique et classes sociales, Paris, Maspero, 1967.

[3] Mémoire de maîtrise, op. cit.

[4] G. Lukacs, Histoire et Conscience de classe, Paris, Minuit, 1967.

[5] Cette lecture unilatérale de Lukacs devrait être corrigée à la lecture de sa défense, alors inédite, d’Histoire et Conscience de classe en 1926 : A Defense of History and Class Consciousness, Londres, Verso, 2000.

[6] G. Lukacs, Lénine, Paris, EDI, 1969.

[7] Voir Le Retour de la question sociale (en collaboration avec Christophe Aguiton), Page 2, Lausanne, 1997 ; Le Pari mélancolique (Paris, Fayard, 1997), ou L’Éloge de la Résistance à l’air du temps, Paris, Textuel, 1999.

[8] Lénine, Œuvres, Éditions de Moscou, tome XXXI, p. 99.

[9] Lénine, Œuvres, Éditions de Moscou, tome VII, p. 287.

[10] Lénine, Œuvres, Éditions de Moscou, tome XXXI, p. 91.

[11] Il a fait l’objet, dans une version adaptée et partielle, cosignée avec Samy Naïr, d’un article de la revue Partisan, octobre 1968.

[12] Daniel Bensaïd, Résistances, essai de taupologie générale, Fayard, 2001.