Difficile de dissocier, depuis 1968, le parcours militant de Daniel Bensaïd de celui du courant trotskiste, aujourd’hui incarné par la Ligue communiste révolutionnaire, au sein duquel il a longtemps exercé des responsabilités. C’est à ce titre que Mouvements s’était entretenu avec lui, en 2000, pour son numéro « Penser à gauche ». Enseignant la philosophie à l’université de Paris-VIII, son engagement militant s’est doublé d’une réflexion politique dont témoignent de nombreux ouvrages.
À l’occasion de la parution de son autobiographie, Une lente impatience, il revient ici sur ce parcours, évoquant notamment le sens qu’a pu prendre l’engagement politique pour sa génération, née au lendemain de la guerre, l’association entre militantisme dans les rangs d’une organisation politique et élaboration intellectuelle, et sa conception de l’universalisme qui l’a amené à prendre position dans le débat initié par l’appel des Indigènes de la République.