Mémoire de maîtrise

La notion de crise révolutionnaire chez Lénine

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I – La crise révolutionnaire

1. Les tentatives de définition

À plusieurs reprises mais surtout dans La Maladie infantile et dans La Faillite de la IIe Internationale, Lénine s’est efforcé de définir la notion de crise révolutionnaire. Il énumère des critères descriptifs dont l’appréciation demeure subjective ; il cerne une notion plutôt qu’il ne fonde un concept.

C’est dans La Faillite de la IIe Internationale que les critères sont énoncés avec le plus de précision. Lénine s’attache d’abord à relever « les indices d’une situation révolutionnaire ».

1. « Impossibilité pour les classes dominantes de maintenir leur domination sous une forme inchangée ; crise du sommet, crise de la politique de la classe dominante ; […] que la base ne veuille plus vivre comme auparavant et que le sommet ne le puisse plus. »

2. « Aggravation, plus qu’à l’ordinaire, de la misère et de la détresse des classes opprimées. »

3. « Accentuation de l’activité des masses. »

Lénine situe ainsi « l’ensemble des changements objectifs qui constitue une situation révolutionnaire1 » De l’appréciation d’une situation révolutionnaire ainsi définie, l’impressionnisme n’est pas exclu. Et ce d’autant plus que les critères avancés ne sont pas envisageables isolément mais dans leur interdépendance. « L’accentuation de l’activité des masses » et la « crise du sommet » se conditionnent réciproquement. Dans La Maladie infantile2, les critères de la « faillite » sont sensiblement modifiés. Lénine y insiste davantage, comme second critère, sur le ralliement au prolétariat des couches moyennes. Ici encore le ralliement ne peut être considéré comme un phénomène en soi, mais dans sa relation aux autres phénomènes requis. Le ralliement des couches intermédiaires est d’autant plus résolu que le prolétariat se montre plus déterminé dans sa lutte.

La définition léniniste de la situation révolutionnaire fait