Tous les textes du philosophe Daniel Bensaïd

« C’est toujours les autres qui meurent »

« Le 12 janvier est forcément, pour moi comme pour d’autres qui n’étions pas des intimes […] une date qui n’est pas que symbolique. Il est cet interlocuteur majeur avec qui la conversation peut continuer. » Ces mots que Jean-François Vilar [1] – décédé le 16 novembre dernier – nous avait adressés le 12 janvier 2014, nous avons souhaité qu’ils accompagnent ce 5e anniversaire de la disparition de Daniel Bensaïd.

Un 5e anniversaire qui intervient alors que d’autres voix se sont tues, assassinées, massacrées. Des voies de bitume parisien, des voies qui font déjà cruellement défaut pour leur insolence, leur irrévérence, leur résistance à l’air fétide du temps. Des voix qui se réjouiraient de la massivité du « Non » lancé ces derniers jours, mais qui ne s’y retrouveraient pas dans le déferlement de Marseillaises et de « messes », dans le « spectaculaire » non-stop des médias… pas plus qu’ils ne se retrouvaient dans le mauvais rêve d’une « société moderne asservie » n’exprimant plus que « son désir de dormir ».

Charb, 24 janvier 2010

Nombreux sont les textes présents sur ce site et dans les livres de Daniel Bensaïd qui pourraient être mentionnés en ces temps funestes où l’antisémitisme le dispute à l’islamophobie, le fanatisme à l’intolérance… Nous nous contenterons pourtant d’une seule citation – « Vous ne voulez plus des classes, ni de leur lutte ? Vous aurez les plèbes et les multitudes anomiques. Vous ne voulez plus des peuples ? Vous aurez les meutes et les tribus. Vous ne voulez plus des partis ? Vous aurez le despotisme de l’opinion ! » – extraite de l’épilogue d’Éloge de la politique profane dont nous publions un passage aujourd’hui.

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assosdanielbensaid@gmail.com

Notes

[1] Jean-François Vilar, 1947-2014, a été militant de la LCR et journaliste à Rouge. Il est l’auteur, entre autres, de plusieurs « romans noirs » : C’est toujours les autres qui meurent, Passage des singes, État d’urgence, Bastille tango, Djemila, les Exagérés, Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués.